Différents types d’approches pour comprendre l’illettrisme ( modifié le vendredi 8 juin 2004 )
Divers chercheurs ont tenté d’identifier les causes de l’illettrisme à partir de trois approches distinctes : l’approche linguistique, l’approche fonctionnelle et l’approche symbolique.
L’approche linguistique
Cette approche est soutenue par A. Bentolila, professeur de linguistique à l’université de Paris V, qui dirige depuis 1997 des recherches sur la mesure et les causes de l’illettrisme en France. [
1]. Selon les linguistes, l’illettrisme est une conséquence d’une violence et d’une marginalisation subie notamment par les jeunes adultes dont le langage a été forgé dans un cercle réduit. De ce fait, ces populations auraient perdu la capacité à donner du sens au langage.
L’approche fonctionnelle, ou l’étude de la dyslexie fonctionnelle [2]
Les travaux du CLEO auprès d’une population d’adultes jeunes "16-25 ans" en difficultés d’insertion sociale et professionnelle, ont permis de montrer que la dyslexie développementale constituait pour un adulte jeune illettré sur deux, le cadre explicatif des difficultés de lecture. Proche de ce que l’UNESCO nommait en 1978 « l’analphabétisme fonctionnel », cette approche remet en cause l’idée que nous aurions tous les mêmes chances de réussite à condition d’avoir le même environnement. Elle identifie la difficulté des personnes à acquérir les processus d’identification et de reconnaissance des mots. Ainsi, un sujet dyslexique n’atteindra pas le sens d’un texte parce qu’il n’arrivera pas à déchiffrer les graphes qui le constituent.
L’approche symbolique
Soutenue par Y. Johannot, membre fondateur et responsable de l’ARALE (Association Recherche/Action autour de la lecture et de l’écriture dans l’Isère), cette approche propose un autre éclairage sur la question de l’illettrisme et interroge le rapport symbolique et culturel de l’écrit. Pour ces chercheurs, l’illettrisme est lié à la motivation plus ou moins consciente de l’apprenant pour donner du sens à la chose écrite. Le système de valeur auquel fait référence le livre est en mutation, il est flou. Le livre, lui, reste un vecteur de pensée, d’une culture, dont l’illettré n’a peut être rien à faire.